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Bérésina /Bérézina/ 1812

                                                      

Il était génial et il croyait à son heureuse étoile. L'étoile militaire. Il avait l'intention de soumettre non seulement l'Europe guindée, mais aussi la Russie énigmatique. Tout - la raison lui soufflait – contribuait au succès du projet mûr: la combativité de son armée multinationale "invincible" de 600000 guerriers, la promesse ferme du soutien du côté de la noblesse polonaise et biélorusso -lithuanienne mécontente par le partage de la Pologne et la perte de toutes «les libertés éclairées». Les paysans russes, subjugués l'accueilleront aussi. comme le libérateur. Napoléon Bonaparte le Grand porte aux peuples non le glaive, mais le flambeau de la liberté - notamment ainsi, et pas autrement qu'on doit comprendre dans le monde son irruption en Russie. Il a traversé la frontière la nuit du 12 (24) juin 1812 sans toute déclaration de la guerre, bien que la collision militaire du Corse ambitieux avec «l'ours russe» fût inévitable, l'Europe et la Russie le savaient parfaitement.

Vilno, Vitebsk, Minsk - il prenait les villes les unes après les autres. Il savait prendre d'assaut les villes et les femmes. Et il savait en même temps comment de plus avoir l'air impressionnant pour entrer dans l'histoire. Le 28 juillet 1812 à Vitebsk soumise il a jeté le sabre sur la carte en affirmant: «Ici je dois m'arrêter, donner le repos à l'armée et organiser la Pologne. La campagne de 1812 est finie, la campagne de 1813 terminera le reste». Est-ce que c'est pas de telles phrases burinées sont dignes de la mémoire des descendants ?

La confiance en sa force, que le nombre des contemporains traitaient comme la présomption, ne lui apportait jusqu'ici que du succès. Il comptait que la chance ne le tromperait pas. Il allait à Moscou.

... Moscou, promise, brûlée et devenu déserte, lui rappelait de plus en plus le traquenard. Ni la paix honorable, ni la guerre triomphale. Seulement le froid humide pénétrant jusqu'aux os. Le 7 (19) octobre 1812 - 4 mois après le passage du Niémen frontalier il a décidé de quitter la ville étrange, en se demandant, où exactement il s'est trompé dans ses calculs. Dans la stratégie ? Dans la tactique? Dans la psychologie des Russes, qui n'ont pas discerné en lui le libérateur, mais seulement l'occupant ?

Il s'est trompé déjà dans le choix de la voie de retraite. Le rusé borgne de Koutouzov ne lui a pas permis de partir par le chemin non pillé de Kalouga, où il comptait compléter les stocks fondant des provisions et du fourrage, il l'a obligé à reculer par le chemin dévasté de Smolensk.

Pauvres Français! Pauvres volontaires-mercenaires! Qui pouvait imaginer que les pluies et les froids avec les matraques des paysans locaux qui ont perdu la tête de la maraude constante transformeraient des villes et des villages abandonnés en cauchemar! Particulièrement le petit village près de Borisov - Stoudenka, où pendant trois jours terribles avec les combats cruels son Armée a cherché à passer la Bérésina. Combien de soldats y sont tombés, français, polonais, suisses et d'autres? Combien d'habitants civils? Il y avait encore des "adhérant" - les réfugiés qui se sont accrochées à leur risques et périls aux convois, qui ont cru ses promesses sur la constitution européenne et tentaient se sauver avec lui. Depuis deux siècles les historiens discutent: 50 mille ou plus ont été emportés par ce passage lugubre prés de Borisov?

Le 26 novembre 1812

Le passage de la Bérésina /Bérézina/

et la retraite de Russie

 

 

Les soldats de la Grande Armée, privés de ravitaillement, harcelés par les cosaques et les partisans, périrent par centaines de milliers au cours de la déroute, dont le passage de la Bérézina /Bérésina/  (26-29 novembre) constitua l'épisode le plus tragique.

Le 26 novembre 1812, la Grande Armée de Napoéon-1-er arrive au bord de la Bérézina, un affluent du Dniepr au terme d'une effroyable anabase par le même chemin qu'à l'aller, harcelé par les troupes ennemies... et les premiers froids de l'hiver.

La Grande Armée était entrée en Russie le 24 juin avec près de 700.000 soldats dont 300.000 Français, en arrivant au bord de la Bérézina, l'empereur ne dispose plus que de 49.000 combattants, non compris 40.000 retardataires.

Les pontonniers du général Eblé aménagent un passage sur la rivière gelée. La plupart y laissent leur vie. Pendant 3 jours, ce qui reste de la Grande Armée, entrée en Russie cinq mois plus tôt, va franchir les ponts improvisés.

Par des températures de -30 degrés, plus de 1 000 pontonniers se noient dans l'eau glaciale de la Bérézina lors des deux jours que dure le chantier. Les pontonniers édifient deux ponts de 90 mètres de long et 5 mètres de large pour permettre à l’armée de passer..

En trois jours, les troupes franchissent la rivière. Un pont se brise le 27 novembre, entraînant dans les flots un grand nombre de grognards. Il est réparé dans la soirée par les pontonniers qui se jettent dans les eaux. Dans la nuit du 28 au 29 novembre 1812, 25 000 combattants et 30 000 blessés passent et se replient sur Wilna.

Au matin du 29 novembre en voyant l’arrivé imminente de l’avant-garde cosaque, on met le feu aux ponts pour empêcher les Russes de poursuivre l’armée française. Plus de 10 000 traînards et blessés sont encore sur la mauvaise rive et supplient en vain qu’on les laisse passer. Certains tentent de traverser à la nage dans les eaux glaçées et se noient, les autres seront massacrés par les premiers détachements russes arrivés. Parmi eux des femmes et des enfants (cantinières, prostituées, épouses caches….).

Le soir, à Wilna, un soldat blessé s’approche de Napoléon et lui crache au visage : « Goûte le sang des abandonnés de la Berezina » lui crie t-il. Il sera décapité sur place par la garde.

Au sortir de la rivière, Napoléon dispose encore de 25.000 combattants et 30.000 non-combattants. 20.000 retrouveront leurs foyers... On évalue à 50.000 le nombre de prisonniers et de déserteurs qui feront souche en Russie.

Le 30 décembre, l'armée, réduite à environ 50 000 hommes, repassait le Niémen. Les français perdirent en tout 400 000 hommes, 175 000 chevaux et 1000 canons. 36.000 corps furent repêchés dans la rivière après le dégel.

La débâcle est totale. L'Empereur abandonne ses soldats et rejoint en toute hâte Paris.

 

Borissov

Borissov est l'une des plus anciennes villes biélorusses. Borissov se trouve à 60 km au nord-est de Minsk le long de l'autoroute nationale Moscou - Varsovie. Le territoire urbain – 4597 hectares. La population dépasse 154000 habitants. Borisov est la deuxième importante ville industrielle de la région de Minsk avec ses 42 usines et fabriques, 613 entreprises de commerce et restauration publique, 18 écoles secondaires, 3 collèges, lycée polytechnique, 6 écoles de formation professionnelles, école de musique, école d'art et école chorégraphique.

La guerre de 1812 a laissé une trace profonde dans l'histoire de la ville. Le passage de Bérézina est devenu une page la plus sombre dans l'histoire des guerres napoléoniennes. Les monuments près du village de Stoudianka et sur le champs de Brili relatent les événements d'il y a 194 ans. Borissov garde toujours les restes de la batterie d'artillerie des troupes russes construite sur la rive droite de la Bérézina la veille de l'invasion de Napoléon. A 15 km au nord de Borisov, près du village de Stoudianka on peut voir plusieurs monuments: russe, soviétique, français et suisse en mémoire des événements dramatiques qui se sont produits sur cette terre.

Vous pouvez apprendre en détail comment Napoléon est venu brillamment à bout du passage de Bérézina sous le feu de l'artillerie russe au musée historique de Borissov qui renferme une belle collection des objets d'exposition authentiques: armes, fragments des habits et d'harnachement, effets personnels des soldats français et russe, portraits du corps des officiers généraux, des plans du terrain. Actuellement les fouilles continuent toujours, les lieux des combats acharnés sont pleins de reliques et antiquités.

M. Fernand-Emile Beaucour, Ingénieur des Arts et Manufactures, docteur en Droit et en Histoire, Directeur du Centre d’Etudes Napoléoniennes, Coprésident du Comité historique biélorusse sur Tadeusz Kosciusko et Professeur-invité de l’Université d’Etat de Minsk, a contribué de manière remarcable aux recherches, en France et en Biélorussie, relatives à la Grande Armée et à la campagne de Russie.

On lui doit le Monument érigé en 1995 à la mémoire des soldats français tombés lors du franchissement de cette rivière en 1812.

M. Fernand Beaucour a considérablement oeuvré à mettre en lumière les circonstances et la réalité de cette bataille. Le dernier ouvrage collectif qu’il a dirigé en 2004, dans le cadre des travaux du Centre d’Etudes Napoléoniennes, porte précisément sur Napoléon à la Bérézina / 26-29 novembre 1812.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première version de la plaque apposée sur le monument
orne le grand escalier de l’Ambassade de France à Minsk.

 

Le Monument inauguré à la mémoire des soldats suisses
qui ont trouvé le repos éternel au bord de la Bérézina.

 

Dimanche 21 novembre 2004, l’Ambassade de France à Minsk a commémoré le 192eme anniversaire des batailles menées par la Grande armée à Bérézina.

Les Chefs des missions diplomatiques européennes à Minsk ont rendu hommage aux héros de la grande campagne de 1812. Ils ont déposé des fleurs et des gerbes aux monuments se trouvant au bord de la Bérézina dans la région de Borissov.

 

Discours de Monsieur Stéphane Chmelewsky,

Ambassadeur de France en Biélorussie :

"Monsieur le Président du Conseil de district,

Mes chers collègues du corps diplomatique,

Habitants de Borissov et des alentours,

Amoureux de l’Histoire,

Ce qui s’est passé ici il y a deux siècles, 192 ans pour être précis, est un épisode de l’histoire européenne. Et l’histoire européenne appartient à ceux qui habitent l’Europe aujourd’hui. La question que je vous pose est donc la suivante : comment pouvons-nous faire en sorte que ces monuments, ces champs et cette rivière puissent demain être connus et visités par tous les habitants de l’Europe qui s’intéressent à ce qui s’est passé. Je propose à votre réflexion 3 idées.

La première consisterait à demander aux autorités de votre pays le classement de ce site comme site historique d’intérêt national. Cette décision impliquerait, par-dessus la protection des autorités officielles sur le champs de bataille, la possibilité pour des pays étrangers d’aider matériellement et financièrement au maintien du site et aux recherches historiques et archéologiques qui y sont liées. La France, mon pays, serait le cas échéant prête à prendre en charge le monument français auquel nous allons nous rendre tout à l’heure.

La deuxième idée serait de faire de cet endroit le point central de toutes les reconstitutions de toutes les batailles que la Grande Armée a livrées à l’aller et au retour pendant la campagne de 1812. Pourquoi procéder ainsi ? Parce que pour les uniformistes et les touristes venus de l’Ouest, les rives de la Bérézina sont beaucoup plus proches de chez eux que d’autres sites plus à l’Est. Il faudrait naturellement alors chercher une date, durant l’été, où chaque année les uniformistes comme les spectateurs pourraient bénéficier de températures plus clémentes que celles que nous avons aujourd’hui.

La troisième et dernière idée, va dans le même sens que la seconde et je me permets de la lancer aujourd’hui à l’attention de mon collègue l’Ambassadeur de Russie, comme à celle du Directeur d’Europe du MID qui nous écoutent. XX Kolodieiev, originaire de Borisssov, a, une dizaine d’année après la bataille assemblé une fabuleuse collection de plus de 50.000 objets trouvés sur ce champs de bataille. Cette collection se trouve actuellement stockée dans les caves du musée historique de Moscou. Ne pourrait-on pas imaginer une formule selon laquelle par entente entre les autorités russes et biélorusse, ces objets pourraient être tirés des réserves où personne ne les voit pour être exposés ici, à la Berezina, dans un musée à construire, et qui pourrait devenir le plus riche musée au monde sur la campagne de Russie et la Grande Armée ?

Trois idées, trois idées que je lance depuis ce monument aux souffrances de ceux qui combattirent jadis dans le même vent glacé qu’aujourd’hui, dans la conviction qu’elles sont le meilleur moyen pour les générations futures de leur rendre hommage."

Regardez notre page spéciale consacrée au passage de Bérésina et à la ville de Borissov.

 

 

 

  
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